Verspieren à la conquête de l’espace

#Spatial

En 2020, le premier lanceur Ariane 6 décollera dans le ciel de Kourou, en Guyane. Le CNES a retenu Verspieren pour assurer la construction du complexe de lancement. Gérard Deilles, responsable des Risques et des Assurances du CNES, revient sur un partenariat lancé il y a deux ans.

Sur un projet comme celui de l’Ensemble de Lancement n°4 du Centre spatial de Kourou, quelles sont les problématiques d’assurances ? En quoi diffèrent-elles  des autres secteurs ?

Nos problématiques d'assurance peuvent être à la fois totalement universelles et totalement spécifiques. 90 % de nos assurances concernent le sol. Ce sont des assurances classiques, très proches de celles que l'on peut trouver dans n'importe quel autre secteur économique : les dommages aux biens, les assurances de responsabilité, etc.

Le dispositif assurantiel du CNES est très classique dans sa majeure partie mais peut se révéler à la marge très spécifique quant il s’agit d’assurer des matériels spatiaux ou, comme pour le projet ELA-4, de relever un défi sans précédent. En effet, les contraintes  calendaires et financières sont telles que l’assurance  joue le rôle majeur « d’absorbeur d’aléas ». Même si l’impossible est fait pour que rien n’arrive, en cas de problème, le courtier et de l’assureur devront nous aider pour que les objectifs soient tenus malgré tout.

Les 10% restants relèvent de l'assurance spatiale. Là, en revanche, il s'agit d'un domaine tout à fait unique, une branche récente et autonome de l'assurance qui ne compte qu'une poignée d'experts.  L'une de ses particularités est notamment l'importance de l'auto assurance en assurance dommage : seulement 20% des acteurs du spatial sont assurés. A partir du moment où nous lançons un satellite, nous sommes prêts à le perdre. Le fabriquer à nouveau n'aurait guère de sens, car les technologies évoluent extrêmement vite.

 

Comment avez-vous été amené à collaborer avec Verspieren ?

En 2014, Verspieren a mis un pied chez nous en gagnant tous les lots RC de la consultation lancée par le CNES. Notre cahier des charges était assez directif et exigeant, je le reconnais, et Verspieren y a répondu point par point : une amélioration de l'offre, des moyens importants mis à notre disposition (une équipe d’experts dédiée, des références…), et de solides garanties de crédibilité. Dès le départ, le courtier a montré une grande capacité à comprendre nos besoins et a apporté des réponses factuelles et précises à toutes nos questions.

 

Comment caractérisez-vous la relation que vous avez nouée avec Verspieren ?

 

 

Découvrir comment nous pouvions fonctionner avec ce courtier a été une très bonne surprise. Verspieren est un courtier à part qui repousse les limites de l'accompagnement et de la disponibilité. Quelle que soit la demande, elle est toujours prise en compte avec la plus grande attention, même pour un dossier qui pourrait sembler peu important

Gérard Deilles, responsable des Risques et des Assurances du CNES

Par exemple, le CNES organise depuis des années, avec le concours de l'association Planète Sciences, une manifestation d’envergure qui permet à la jeunesse de réaliser des mini fusées et de les lancer : le C'Space. Il fallait trouver des solutions originales, à bon marché bien sûr, pour couvrir toutes les facettes des risques liés à cette réunion de plus de 200 jeunes qui lancent pendant une semaine de vrais engins expérimentaux sur un terrain militaire : un vrai mouton à cinq pattes ! Assurer un tel événement à cheval sur la RC classique et la RC aéronautique était compliqué.  Mais pour nous et tous ces jeunes passionnés c’était important : Verspieren a mis les moyens  en se déplaçant avec l’assureur comme pour un « gros dossier » et nous a retiré une sacré épine du pied.

 

Dernièrement, votre relation a encore évolué, puisque vous avez confié à Verspieren le placement et la gestion de l'assurance construction des installations sol du futur lanceur Ariane 6 à Kourou. En quoi le courtier a-t-il fait la différence ?

En 2015, le CNES s’est vu confier la responsabilité du système de lancement d'Ariane 6 par l'Agence spatiale européenne (ESA) qui réunit une vingtaine de pays européens. Nous devions donc trouver les assurances tous risques chantiers, montage, essai, dommages ouvrage et responsabilité civile décennale, dans un schéma je crois très original où le maître d’ouvrage ESA et le contractant général CNES affichent leur solidarité et s’associent pour consulter conjointement le marché.

Nous ne connaissions pas Verspieren dans le domaine de la construction mais nous n’avons pas regretté notre choix, loin de là. Verspieren s’est investi à fond dans ce dossier et les résultats ont été au rendez-vous. D’abord, le plus important, l’étendue des garanties. Je crois que nous offrons au chef de projet ce qui se fait de mieux en matière de risques chantier. Et puis, il y a le prix. Je nourrissais en secret l’espoir d’égaler le prix d’un précédent chantier « plus petit » : l’ensemble de lancement Soyouz en Guyane. En fait, nous sommes passés bien en dessous, puisque toutes proportions gardées  ce sont plus de 60% d’économie qui ont été réalisés à la grande satisfaction des responsables de l’ESA et du CNES.   

Sur ce dossier, Verspieren a été magistral, par son implication et par le résultat obtenu. Nous bénéficions d'un programme d'assurances tous risques chantiers avec des garanties très complètes, à un tarif deux fois moins élevé que pour le précédent pas de tir, alors que le lanceur est plus important que celui d’Ariane 5.

 

Comment êtes-vous parvenus à ce résultat ?

Nos équipes ont travaillé en symbiose avec celles de l'ESA, et Verspieren a su tirer parti de cet atout. Le courtier a été décisif, notamment, parce qu'il a parfaitement su expliquer aux compagnies notre métier qui ne tolère pas le risque non maîtrisé. Verspieren a su faire comprendre que si quelqu'un devait avoir peur du sinistre, c'était nous bien plus que l'assureur ! Certes, ce dernier court un risque financier. Mais pour nous c'est l'accès stratégique à l'espace de l’Europe qui est en jeu et même à terme la pérennité de notre filière lanceurs, qui est encore la première du monde. Inutile de dire que les précautions qui sont prises vont bien au-delà de celles que souhaite un assureur.

 

Quels sont les enjeux du lancement d'Ariane 6 pour le CNES ?

Je viens de le dire, il est stratégique. Mais il est aussi industriel et commercial. Plus de 10 lancements sont effectués chaque année depuis Kourou mettant en orbite à eux-seuls plus de 50% des satellites commerciaux produits dans le monde. Pour conserver ce leadership nous devons réagir très vite à l’arrivée de nouveaux concurrents low-cost. Pour le moment Ariane est de très loin le lanceur le plus fiable du marché. Elle a réussit plus de 70 lancements consécutifs sans problème. Mais nous devons nous adapter au marché avec un lanceur plus souple et plus économique. Nous savons que pour rester les meilleurs nous devons abaisser nos coûts de lancement d’au moins 40%. C’est le grand challenge Ariane 6 ! 

 

Notre volonté est d'aller plus loin sur le marché des risques spatiaux, en étant capables de placer les risques avant décollage mais aussi après décollage. Le secteur spatial fait l’objet d’une situation assurantielle quasi-monopolistique et nous entendons contribuer à y remédier en jouant pleinement notre rôle de courtier-conseil. 

Micheline Galpin-Bagage, directrice de clientèle du CNES
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